Lutter-contre-le-cancer-de-la-prostate_ratio628x363-300x173A l’occasion du procès, le mois dernier, d’un médecin généraliste à qui son patient reprochait l’absence de dépistage précoce du cancer de la prostate (voir article), l’attitude des urologues concernant ce dépistage a été à nouveau remise en question par certains médecins et certains médias.

Ces polémiques ont pour fondement d’une part les recommandations de la HAS qui déconseille le dépistage systématique (ce mot est important) du cancer de la prostate et d’autre part l’attitude des urologues, qui, selon certains, continueraient à préconiser ce dépistage.

Au-delà des retombées médiatiques que certains peuvent espérer à pourfendre ainsi les attitudes des uns et des autres, cette situation est très perturbantes pour les patients, qu’il s’agisse des hommes ayant été soignés pour un cancer de la prostate ou de ceux qui envisagent d’effectuer une détection précoce individuelle du cancer de la prostate.

L’interprétation de certaines des études scientifiques sur lesquelles se basent les épidémiologistes pour effectuer leurs recommandations est délicate et ceci doit inciter les spécialistes (et les non spécialistes) à aborder la question avec la plus grande prudence, en évitant les attitudes « tout noir » ou « tout blanc ». Autant il n’est probablement pas justifié de dépister le cancer de la prostate de façon systématique, c’est-à-dire à l’échelle de la population générale,  autant il semble dangereux de minimiser le risque de ce cancer et de sa détection à un stade trop tardif, si l’on considère que cette détection précoce est « sans intérêt ».  Le grand danger, comme dans toute polémique, est en effet de tomber dans l’amalgame et les excès de tous genres. Il faut rappeler que le cancer de la prostate provoque chaque année le décès de milliers d’hommes (près de 9000 morts /an en France). Sa détection à un stade précoce peut permettre la guérison ou la survie prolongée en particulier dans les formes agressives. Je cite le récent communiqué de l’Association Française d’Urologie, qui rappelle que :

« le cancer de la prostate est la 3ème cause de mortalité par cancer chez l’homme avec 8 700 décès en France (projection pour l’année 2011), que la mortalité est en baisse constante depuis 1990 : elle est passée de 17,8/100 000 en 1990 (taux standardisé monde) à 10,8/100 000 en 2011, soit une baisse de 26 % sur toute la période. Compte tenu de l’évolution démographique de la population masculine – donc de l’augmentation de la population exposée au risque – la réduction de la mortalité spécifique en France a été d’au moins 4 % par an les 15 dernières années. »

Que faut-il préférer ?

  • Traiter, peut-être par excès, avec les conséquences urinaires et sexuelles que cela implique, des hommes porteurs d’un petit foyer de cellules cancéreuses dans la prostate qui ne deviendront jamais une maladie « cancer de la prostate », ou bien,
  • Prendre le risque de revenir à la situation où l’on détectait habituellement le cancer de la prostate au stade des métastases (en général osseuses, très douloureuses) et le traiter de façon palliative comme cela était majoritairement le cas avant l’avènement du PSA, vers le début des années 90 ?

Sûrement ni l’une ni l’autre de ces situations.

En réalité, l’attitude préconisée par l’Association Française d’Urologie me paraît la plus adaptée et je me permets de reproduire dans son intégralité son dernier communiqué du 2 Mars 2013, très précis, sur ce sujet :

Image copyright Association Française d’Urologie

 

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